Traitement des gencives

Traitement des gencives

Qu’est-ce que la gencive?

La gencive est un tissu mou qui recouvre l’os de la mâchoire et qui entoure la couronne (partie visible) des dents.

Un de ses rôles est de soutenir et maintenir les dents en place dans la mâchoire.

Il existe deux catégories de gencive : la gencive attachée qui est collée à l’os alvéolaire et aux dents et la gencive « muqueuse » qui se trouve ailleurs dans la bouche. La gencive attachée est celle discutée principalement dans le texte ci-dessous.

Une gencive en santé a les caractéristiques suivantes.

  • Elle est de couleur rose, elle est ferme, a l’aspect d’une pelure d’orange et adhère complètement aux dents.
  • Elle a un volume suffisant pour supporter les dents adéquatement.
  • Aucun signe d’inflammation, caractérisée par une couleur rouge, ou d’enflure (gonflement) n’est présent.
  • Elle ne saigne pas lors d’un brossage de dents bien effectué ou lors de l’utilisation de la soie dentaire.
  • Elle recouvre la dent de sorte que la racine n’est pas visible en bouche sans toutefois déborder sur la dent.

Qu’est-ce que le parodonte?

Le parodonte, qui est aussi parfois appelé « périodonte » (de l’anglais, « periodontium »), est constitué des tissus qui soutiennent les dents, incluant :

  • (18, 19, 20, 21) la gencive;
  • (23) l’os alvéolaire : la partie de l’os de la mâchoire supérieure et/ou inférieure dans lequel les dents sont implantées;
  • (7) le cément : le tissu conjonctif, une sorte de colle, qui recouvre la racine des dents dans l’os alvéolaire. Il agit comme la couche protectrice de la racine, tout comme l’émail protège la couronne de la dent;
  • (22) le ligament parodontal (ligament alvéolo-dentaire ou desmodonte) : tissu qui entoure la racine des dents et qui est situé entre le cément et l’os alvéolaire;
  • des éléments nerveux et des vaisseaux sanguins à proximité de la dent.

Un parodonte en santé permet de protéger et d’entourer adéquatement les dents. Lorsque le parodonte est affecté, il ne peut pas remplir son rôle protecteur; les racines des dents peuvent alors être exposées, les rendant instables et plus vulnérables aux infections. Dans les cas les plus graves, un parodonte de mauvaise qualité peut mener à la perte de dents.

Maladies gingivales

Selon l’Association dentaire canadienne, les maladies de gencives sont le problème dentaire le plus répandu. Leur développement peut se faire de façon sournoise sans que la personne affectée en soit consciente, soit par la lenteur de la progression de la maladie ou par l’absence de symptômes et de douleur au début de la maladie.

La bonne nouvelle est que les maladies gingivales, bien qu’elles puissent faire des dommages importants dans la bouche, peuvent très souvent être prévenues ou traitées lorsqu’elles sont détectées à un stade précoce. Cependant, lorsque la maladie est trop avancée, il peut arriver que la personne affectée perde des dents, de là l’importance de la prévention et de la détection précoce, lors de visites régulières chez le dentiste.

La gencive faisant partie du parodonte, les maladies gingivales sont inévitablement des maladies parodontales, mais l’inverse n’est pas nécessairement vrai.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs de risque doivent être considérés afin de déterminer la probabilité qu’une personne développe une maladie gingivale. La liste suivante présente les plus importants.

  • Hygiène buccodentaire déficiente;
  • Personnes atteintes de maladies qui affaiblissent le système immunitaire, telles que le VIH/SIDA et la leucémie (le système immunitaire joue un rôle clé dans la lutte aux bactéries de la bouche);
  • Situations de la vie où les défenses immunitaires peuvent être moindres, telles qu’un stress important;
  • Diabète, surtout s’il n’est pas contrôlé adéquatement;
  • Chez les femmes, la grossesse et la ménopause qui provoquent des changements hormonaux pouvant influencer l’aspect des gencives en les faisant gonfler, par exemple;
  • Prise de certains médicaments qui engendrent des effets secondaires agissant au niveau des gencives;
  • Tabagisme.

Comment la bouche contribue-t-elle à l’apparition des maladies de gencive?

Une bonne santé gingivale peut être compromise par différents facteurs pouvant être contrôlés ou non.

En effet, la bouche est le point d’entrée de la nourriture que nous consommons. À l’aide de la mastication, de la production de salive et de la déglutition, la grande majorité de cette nourriture progresse de la bouche vers le reste du système digestif.

La mauvaise nouvelle est que la bouche est aussi l’hôte de nombreuses bactéries.
Après avoir ingéré de la nourriture, des débris alimentaires peuvent rester dans la bouche, même après s’être rincé la bouche. Les bactéries de la bouche ont aussi besoin de manger pour survivre et elles raffolent de ces débris, surtout ceux qui contiennent du sucre.

Les bactéries produisent des acides lorsqu’elles digèrent le sucre. Ces acides, mêlés à des protéines salivaires, des bactéries elles-mêmes, des particules d’aliments dans la bouche et même des toxines rejetées par les bactéries créent un biofilm, une sorte de pellicule visqueuse et souvent transparente au début, qui se dépose sur les dents et les structures avoisinantes.

Ce biofilm, s’il n’est pas enlevé rapidement par un brossage dentaire adéquat, devient de la plaque dentaire et peut se transformer en tartre lorsque la plaque se minéralise (durci). Il est à noter que le tartre ne peut pas être enlevé par un brossage de dents ni par la soie dentaire; seul un détartrage professionnel peut le déloger.

La plaque dentaire et le tartre peuvent non seulement causer des caries dentaires, mais aussi des dommages aux gencives. En effet, les nombreuses bactéries que la plaque et le tartre comportent, en conjonction avec les débris alimentaires près des dents et les acides produits par les bactéries en y mangeant le sucre, ont la capacité d’attaquer les dents et les gencives.

La gingivite

La gingivite est une maladie très répandue qui est causée par l’accumulation de plaque et de tartre sur les dents, ce qui provoque l’inflammation de la gencive par la réponse immunitaire du corps aux nombreuses bactéries qui se trouvent dans la plaque et le tartre. Elle atteint aussi bien les adultes que les enfants et les adolescents.

Les symptômes de la gingivite sont très caractéristiques et faciles à détecter.

  • Les gencives se gonflent, deviennent rouges et ont un aspect lisse ou brillant;
  • Les gencives saignent lors du brossage de dents, lors de l’utilisation de la soie dentaire ou encore spontanément sans raison apparente;
  • L’apparition de poches parodontales, c’est-à-dire des espaces entre la gencive et les dents, est également possible dans certains cas; ces poches sont remplies de bactéries qui prolifèrent avec les débris de nourriture qui se trouvent à proximité;
  • Une mauvaise haleine (halitose) persistante, même après s’être brossé les dents.

La gingivite est le premier stade, le moins grave, de la maladie parodontale. D’ailleurs, aucun signe de la maladie n’est visible sur une radiographie dentaire, ce qui indique que les structures qui supportent les dents ne sont pas atteintes. Le patient ne se plaint habituellement pas de douleur lors d’une gingivite, mais il peut arriver qu’une douleur apparaisse lorsque l’inflammation des gencives se manifeste.

La bonne nouvelle au sujet de la gingivite est qu’elle est facilement traitable et prévenue lorsque des améliorations sont apportées à l’hygiène buccodentaire. On peut ainsi dire que la gingivite est réversible et ne dégénère pas en des problèmes gingivaux plus graves si elle est traitée tôt.

Si vous voyez apparaître des signes de gingivite, il est très important de continuer à vous brosser les dents convenablement et à passer la soie dentaire, même en présence de saignements des gencives qui, soit dit en passant, n’est pas un signe de blessure dans ce cas-ci. C’est en brossant vos dents et en vous passant la soie dentaire que le nombre de bactéries et la quantité de plaque diminueront et que les symptômes s’estomperont. Ne plus passer la soie dentaire ou vous brosser les dents à cause de saignements ou de gonflement ne fera qu’empirer le problème!

Principaux types de gingivite

  • Gingivite simple ou chronique : C’est la gingivite la plus répandue et qui est décrite ci-dessus. Elle est causée par la plaque dentaire et le tartre et peut être prévenue en adoptant de saines habitudes buccodentaires. Les principaux symptômes sont donc une gencive enflée, rouge, lisse et qui saigne facilement, mais la douleur est presque toujours inexistante.
  • Gingivite ulcéro-nécrotique : Elle est souvent présente chez les personnes dont le système immunitaire est déficient, soit par une maladie ou un stress important. La conséquence la plus grave de ce genre de gingivite, causée par des bactéries très agressives, est la destruction de la gencive, ce qui provoque l’apparition d’espace entre les dents et la gencive. Les symptômes sont similaires à ceux de la gingivite chronique, en plus d’une douleur aiguë et des saignements plus abondants qui peuvent incommoder les patients atteints.
  • Gingivite hypertrophique (hyperplasique): Elle est principalement causée par les effets secondaires de certains médicaments, mais sa cause peut aussi être inconnue (idiopathique). Elle se distingue des deux autres types de gingivite par l’enflure (volume) plus importante des gencives; parfois, elles peuvent recouvrir les dents, ce qui pose un obstacle supplémentaire à leur nettoyage. Dans le cas de la gingivite hyperplasique, la texture et la teinte de la gencive sont normales, mais elle est très fibreuse.

La parodontite

La parodontite est une gingivite qui n’a pas été traitée ou qui a été détectée à un stade tardif et qui atteint le parodonte, soit les tissus qui soutiennent les dents. Elle est le stade le plus avancé de la maladie des gencives et elle est grave, car les dégâts qu’elle cause sont irréversibles et le résultat le plus probant est la chute des dents entourées par le parodonte atteint par la maladie.

Les dommages de la parodontite prennent leur origine dans les poches parodontales qui se forment près des dents où le tartre s’est accumulé. Avec le temps, les bactéries présentes dans ces poches détruisent le parodonte, et plus particulièrement le ligament parodontal et l’os alvéolaire (la perte osseuse est appelée « alvéolyse »). Se faisant, les dents où des poches se sont formées se déchausseront peu à peu, ce qui pourrait les faire paraître plus longues, étant donné que la gencive se résorbe autour d’elles.

Les dents deviendront ensuite mobiles et tomberont éventuellement si aucune intervention par un professionnel de la santé dentaire n’est effectuée. Effectivement, un des signes les plus visibles de la parodontite est la mobilité d’une ou plusieurs dents, ce qui amène habituellement un patient à consulter son dentiste plutôt que la douleur qu’il peut ressentir aux gencives à ce stade de la maladie.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition de la parodontite, soit le nombre et la qualité des bactéries se trouvant dans les poches parodontales, certaines maladies qui influencent l’efficacité du système immunitaire du patient et sa capacité à combattre l’infection bactérienne qui s’est installée, la génétique, le tabagisme, le diabète, pour ne nommer que ceux-là. Certains de ces facteurs peuvent être contrôlés et d’autres non, tels que la génétique. C’est entre autres pour cette raison que la parodontite peut se développer malgré une hygiène buccodentaire exemplaire.

Les symptômes de la parodontite, outre ceux décrits précédemment, sont les mêmes que pour la gingivite.

Évolution de la gingivite en parodontite

Tel qu’il a été mentionné ci-dessus, la parodontite est une gingivite qui n’a pas été traitée correctement. La gingivite n’occasionne habituellement pas de douleur et elle peut évoluer très lentement, c’est-à-dire sur plusieurs années, avant d’atteindre le stade de la parodontite. Il est donc important de rester à l’affût des signes de la gingivite afin de la traiter à la source ou stopper son évolution avant qu’elle ne dégénère en parodontite, car il est souvent trop tard pour intercepter la parodontite avant que des dommages irréversibles se produisent. Heureusement, ce ne sont pas toutes les gingivites qui se transforment en maladie parodontale plus sévère, mais tout signe de gingivite devrait tout de même être pris au sérieux.

La figure ci-dessous montre l’évolution typique d’une maladie parodontale jusqu’à la parodontite. En comparant la première image à gauche et celle complètement à droite, il est facile de voir qu’une destruction osseuse s’est produite. Durant la phase terminale, la dent affectée est vouée à tomber, car elle n’est plus soutenue par une quantité suffisante de parodonte, soit d’os alvéolaire, de ligament parodontal et de gencive.

Mesures préventives

La gingivite et la parodontite peuvent se prévenir avec des moyens simples, tels que ceux énumérés ci-dessous.

  • IMPORTANT : Contrairement à ce que la plupart des gens peuvent penser, il faut passer la soie dentaire AVANT de se brosser les dents. Sinon, la soie dentaire, lorsqu’elle sort de l’espace interdentaire, risque de propulser des débris de nourriture et des bactéries sur les dents propres! Il va sans dire que le brossage effectué au préalable est alors inutile!
  • Brossage de dents : il doit s’effectuer au moins deux fois par jour, idéalement après les repas, mais surtout avant de se coucher le soir afin d’enlever la pellicule créée par les bactéries avec les dépôts alimentaires accumulés durant la journée.
  • Soie dentaire : la soie dentaire, lorsqu’elle est passée correctement une fois par jour, idéalement au coucher le soir, permet de déloger des débris alimentaires et des bactéries qui se trouvent entre les dents, dans des endroits difficilement atteignables par la brosse à dents.
  • Visites régulières chez le dentiste : une visite annuelle est essentielle et parfois, une fréquence plus rapide peut être recommandée pour les individus dont les gencives et les dents posent des défis particuliers.
    • Durant cette visite de contrôle, un examen clinique, incluant un dépistage parodontal avec une sonde parodontale, est effectué afin d’évaluer la qualité des dents et des gencives. Des radiographies sont également prises pour permettre au dentiste d’obtenir des informations supplémentaires sur les dents et les structures avoisinantes qui ne sont pas visibles à l’œil nu.
    • Si du tartre s’est accumulé sur les dents, un détartrage professionnel est effectué. Pour éviter qu’il ne revienne trop rapidement, des conseils peuvent être prodigués par l’hygiéniste ou le dentiste pour aider le patient à améliorer son hygiène buccodentaire.
    • Il est d’autant plus important pour les femmes enceintes de faire examiner leur bouche par un professionnel de la santé dentaire au moins une fois durant la grossesse, préférablement durant le deuxième trimestre. Une femme qui présente une maladie gingivale à cette période de sa vie court beaucoup plus de risques de donner naissance à un bébé prématuré ou de faible poids. La future maman gagne à viser à obtenir une hygiène buccodentaire impeccable pour elle-même et son bébé à naître.
  • Arrêt du tabagisme : ah, le fameux tabac qui, de nos jours, est pointé du doigt dans le cas de plusieurs problèmes de santé. Malheureusement dans ce cas-ci, fumer augmente considérablement le risque de développer des maladies parodontales. Un fumeur a donc tout intérêt à arrêter de fumer s’il veut espérer garder ses dents longtemps et ses gencives en santé.

Interventions chirurgicales aux gencives

La récession gingivale

Lorsqu’il manque une quantité importante de gencive attachée autour d’une ou plusieurs dents, soit en hauteur et/ou en épaisseur, la survie même de ces dents est en péril. Cette condition est la récession gingivale, aussi appelée déchaussement dentaire. La récession gingivale peut causer, dans les cas les plus sévères, la perte de dents si le niveau de gencive attachée est inadéquat et qu’une trop grande partie de la racine dentaire est exposée.

La récession gingivale peut se produire de façon idiopathique, à la suite d’une maladie de gencive ou d’un traitement orthodontique. Dans de nombreux autres cas, elle peut être causée par un brossage de dents inadéquat, soit qu’il est trop vigoureux ou qu’il est effectué en utilisant une mauvaise technique. Par exemple, un brossage horizontal ou se brosser les dents avec des mouvements de va-et-vient, sans respecter le principe qu’il faut toujours se brosser les dents en faisant des mouvements en partant de la gencive vers chaque dent, peut endommager la gencive et provoquer la récession de gencive.

Dans l’exemple ci-contre, le déchaussement dentaire est sévère. En effet, une partie de la racine de la majorité des dents est visible, les faisant paraître beaucoup plus longues que la normale, et la quantité de gencive pour les supporter est maintenant insuffisante. Si rien n’est fait pour améliorer la situation, cette personne risque de perdre les dents qui sont les plus touchées par le déchaussement.

La greffe gingivale

Une greffe gingivale peut être effectuée pour rétablir une quantité suffisante de gencive autour des dents ou des racines de dents dénudées par le déchaussement. Les professionnels de la santé dentaire qui sont qualifiés pour ce type de greffe sont les dentistes généralistes pour les cas les plus simples et les parodontistes pour les cas les plus complexes.

Plusieurs techniques sont utilisées pour effectuer les greffes de gencive et chaque cas doit être analysé par un dentiste ou un parodontiste afin de déterminer la meilleure technique de greffe. Dans tous les cas, les greffons proviennent du palais du patient ou d’un donneur externe.

  • Greffe autogène libre : C’est la technique la plus ancienne de greffe gingivale. Elle consiste à prélever le greffon à partir du palais du patient et à venir l’installer au niveau de la gencive affectée par le déchaussement. Son principal désavantage est le résultat moins esthétique contrairement à celui obtenu avec d’autres méthodes. Il n’est également pas recommandé d’utiliser ce type de greffe dans le cas où les racines dentaires doivent être recouvertes, car la greffe autogène libre est principalement utilisée pour arrêter la progression du déchaussement dentaire de façon minimale. Par contre, l’avantage de cette technique est l’absence du risque de rejet du greffon, car ce dernier est prélevé dans la bouche même du patient.
  • Greffe de tissu conjonctif (greffe de recouvrement de racine par tissu conjonctif) : C’est une technique relativement récente et polyvalente qui peut être utilisée dans la grande majorité des cas nécessitant une greffe gingivale. Le tissu conjonctif est prélevé sous la gencive superficielle du palais du patient et il est inséré sous la gencive adjacente aux dents qui sont affectées par le déchaussement. Ses principaux avantages sont les résultats très esthétiques obtenus, ainsi que la possibilité de couvrir à nouveau les racines dentaires qui ont été affectées par la récession gingivale. Dans ce cas-ci également, le patient ne peut pas rejeter le greffon, car il provient de tissus prélevés dans sa bouche.
  • Greffe de recouvrement par tissu allogène (allogreffe) : Ce type de greffe est relativement récent. Un greffon d’un donneur externe, qui a été traité préalablement et qui est très sécuritaire, est utilisé afin de l’implanter au niveau de la gencive d’un autre patient qui a besoin de renforcer la gencive attachée en hauteur et/ou en épaisseur. Le principal avantage d’une allogreffe est qu’il n’y a qu’un seul site chirurgical, car le greffon n’est pas prélevé du palais du patient. Elle donne également des résultats aussi esthétiques que la greffe de tissu conjonctif. Cependant, il y a un faible risque de rejet du greffon, étant donné qu’il est un corps étranger implanté dans la bouche d’un autre patient.

Le taux de succès des greffes de gencive est très élevé et ses effets perdurent pendant de nombreuses années, un peu moins longtemps chez les fumeurs.

La gingivectomie

La gingivectomie est une procédure chirurgicale qui consiste à enlever une partie de la gencive. Elle est effectuée sous anesthésie locale avec des outils spéciaux pour couper la gencive et entraîne habituellement peu de complications.

De récentes techniques permettent de faire des gingivectomies mineures à l’aide d’un laser à tissus mous, ce qui occasionne encore moins de complications et d’inconfort post-opératoires pour le patient.

Il existe trois applications principales à la gingivectomie, telles que décrites ci-dessous.

Application esthétique

La gingivectomie esthétique permet d’enlever une partie de la gencive autour d’une ou plusieurs dents afin d’harmoniser la forme de la gencive et améliorer l’aspect d’un sourire. Enlever une ligne de gencive au-dessus de certaines dents « allonge » les couronnes de ces dents qui sont plus courtes que celles des autres dents.

La collection d’images ci-dessous montre comment une gingivectomie peut être effectuée pour des raisons esthétiques. Une reprise de l’intervention est possible, quelques jours, tout au plus quelques semaines, seulement après l’intervention originale, comme en témoigne l’image E. La différence dans le contour des gencives entourant les incisives centrales entre l’image B (après un traitement d’orthodontie) et F (résultat final) est clairement visible.

Traitement de l’hyperplasie gingivale

L’hyperplasie gingivale est la condition selon laquelle la gencive prend du volume de façon inhabituelle, au point où une partie ou la totalité d’une couronne dentaire est cachée sous cette gencive excessive. On dit alors qu’une fausse poche de gencive se forme et elle peut nuire à la santé des dents affectées à moyen ou à long terme.

C’est pour cette raison qu’une gingivectomie est recommandée afin de déloger la gencive en excès. Si la situation reste telle quelle, le patient s’expose à un risque élevé de développer une parodontite, car les fausses poches empêchent le patient de nettoyer ses dents correctement.

L’excroissance de la gencive peut être due à plusieurs facteurs, le plus commun étant la prise de médicaments reconnus pour générer un surplus de gencive comme certains médicaments contre l’épilepsie et l’hypertension. Dans un tel cas, la procédure chirurgicale doit être effectuée à nouveau lorsque la récidive du surplus de gencive est assez importante pour augmenter le risque de développer une parodontite.

Traitement parodontal

Une gingivectomie effectuée dans le cadre d’un traitement parodontal consiste à couper un surplus de gencive non attachée à une dent afin de pouvoir aller nettoyer une poche parodontale qui peut s’être formée lors d’une maladie gingivale. Cette procédure de nettoyage est aussi connue sous le nom de curetage parodontal et elle est illustrée à l’aide des deux images ci-dessous.
En plus de l’esthétisme, si la poche parodontale est profonde, une moins grande quantité de gencive attachée sera disponible après la gingivectomie pour protéger l’os alvéolaire supportant la dent, ce qui pourrait affecter négativement la solidité de cette dent à moyen ou à long terme.Après l’ablation d’une partie de la gencive près de la dent, le patient peut nettoyer cette dent plus facilement à l’aide d’une brosse normale. Cependant, dépendamment de la profondeur de la poche parodontale initiale, l’aspect de la gencive après l’intervention peut être moins esthétique. En effet, si la poche initiale est profonde, la quantité de gencive à enlever sera grande et les dents sembleront plus longues qu’avant l’intervention.

La gingivoplastie

La gingivoplastie est une intervention chirurgicale mineure ayant pour but de remodeler le contour de la gencive. L’intervention permet de rendre un sourire plus attrayant et harmonieux, et elle permet aussi de compléter une gingivectomie qui, à elle seule, ne donnerait pas des résultats optimaux.

La procédure est habituellement effectuée par les mêmes professionnels de la santé dentaire que ceux qui font des gingivectomies, soient les dentistes généralistes et les parodontistes. Une anesthésie locale est nécessaire pour effectuer une gingivoplastie et des outils chirurgicaux spéciaux, ou encore plus récemment un laser à tissus mous, peuvent être utilisés pendant l’acte chirurgical. Les complications d’une telle intervention sont rares et les inconforts post-opératoires sont minimes.

La gingivoplastie est surtout utilisée dans le cadre d’un traitement orthodontique afin de finaliser l’esthétisme du sourire obtenu pendant l’orthodontie. En effet, en déplaçant des dents ayant des couronnes de différentes longueurs, il peut arriver que la ligne du sourire ne soit pas optimale, à cause de la gencive qui contourne les dents de façon irrégulière.

Un professionnel de la santé dentaire peut également faire appel à la gingivoplastie dans le cadre d’un traitement de maladie de gencive. Dans ce cas, elle permet de redonner à la gencive une forme normale après avoir traité l’os alvéolaire déformé, endommagé ou nécrosé.

Instructions pré-opératoires et post-opératoires

Les instructions présentées ci-dessous s’appliquent principalement à la greffe de gencive, étant donné que la gingivectomie et la gingivoplastie ne sont pas des chirurgies qui entraînent beaucoup de risques, de complications et de désagréments post-opératoires de par la nature des gestes chirurgicaux qui sont posés.

Toutefois, il est important de suivre les indications pré-opératoires et post-opératoires de votre dentiste généraliste ou de votre parodontiste (ci-après appelé « chirurgien » pour alléger le texte) pour toute intervention chirurgicale aux gencives, surtout si ces indications ne représentent pas les informations ci-dessous.

Avant la chirurgie

Médication
  • Dans certaines conditions, le chirurgien peut vous prescrire des antibiotiques à prendre avant la chirurgie afin de minimiser les risques d’infection post-opératoire. Il est primordial de les prendre tels qu’ils auront été prescrits.
  • Dans la mesure où le chirurgien connait la liste des médicaments que vous prenez et qu’aucun d’entre eux ne pose problème pour la chirurgie, vous devez les prendre à l’heure habituelle le jour de votre chirurgie. Apportez avec vous la liste des médicaments que vous aurez pris dans les dernières 24 heures afin d’en informer votre chirurgien.
  • Si vous prenez des médicaments comme l’aspirine, des produits contenant de l’aspirine ou de la vitamine E, ainsi que des anticoagulants, il est important d’en avertir votre chirurgien avant votre chirurgie afin qu’il voit avec vous combien de jours à l’avance vous devez arrêter de les prendre. Une consultation avec votre médecin traitant pourrait être requise afin d’évaluer les risques de cesser ces médicaments en prévision de votre chirurgie. Ces types de médicaments ont pour effet d’éclaircir le sang et de l’empêcher de coaguler, ce qui pourrait amener des complications péri-opératoires comme des saignements plus abondants ou incontrôlables pendant et/ou après la chirurgie.
  • Avec l’accord du chirurgien, vous pouvez prendre un sédatif, soit prescrit par le chirurgien ou un médecin, soit en vente libre, si vous êtes anxieux afin de vous assurer de passer une nuit de sommeil reposante la veille de la procédure chirurgicale. Un patient qui subit une chirurgie et qui est bien reposé réagira mieux durant la chirurgie et durant la période post-opératoire.

Hygiène de vie

  • Mangez un repas (déjeuner ou diner) léger et nourrissant la journée de votre chirurgie.
  • Brosser vos dents soigneusement, en plus de passer la soie dentaire, après avoir mangé et avant la chirurgie afin que votre bouche soit le plus propre possible pour l’intervention chirurgicale. Une bouche propre diminuera le risque d’infection post-opératoire.
  • Portez des vêtements confortables et amples dont les manches se retroussent facilement pour votre rendez-vous afin de maximiser votre confort et de faciliter l’administration de certains médicaments intraveineux durant la procédure.

Si vous fumez, vous êtes invités à cesser de fumer au moins une semaine avant votre chirurgie afin d’augmenter les chances de succès de l’intervention. Des alternatives au tabac, telles que les timbres ou les gommes contenant de la nicotine, peuvent constituer une bonne solution de rechange durant cette période. Il est d’ailleurs conseillé d’arrêter de fumer complètement après votre chirurgie.

Après la chirurgie

Immédiatement après la chirurgie

Il faudra prévoir d’être accompagné d’une personne qui pourra vous reconduire à la maison après la chirurgie, surtout si une sédation intraveineuse vous est administrée. Il ne serait alors pas sécuritaire de conduire pour retourner à la maison, car vous pourriez être somnolent pendant quelques heures. Il est également recommandé d’avoir quelqu’un avec vous plusieurs heures après votre retour à la maison pour veiller sur vous et vous assister en cas de besoin.

Il est fortement suggéré d’aller chercher tout médicament qui vous a été prescrit en sortant de votre rendez-vous chirurgical afin de les avoir à la maison si la douleur apparaît ou si la prise d’antibiotiques est recommandée. Il est important de prendre tous les médicaments jugés essentiels par votre chirurgien tel qu’ils ont été prescrits.

De retour à la maison, il faudra suivre les instructions que votre chirurgien vous aura remises lors de l’intervention chirurgicale afin d’éviter des complications post-opératoires.

Saignements

De légers saignements peuvent survenir quelques heures après la chirurgie. Une petite quantité de sang, mêlée à la salive abondante que votre bouche produira après votre chirurgie, peut vous sembler impressionnante, mais en fait, il y a de fortes chances que ce ne soit qu’un petit suintement de sang. Dans tous les cas, pour faire arrêter un saignement dans la bouche, vous pouvez appliquer un morceau de gaze ou une poche de thé humide sur le site du saignement et mordre dedans ou appliquer une pression ferme avec la gaze ou la poche de thé pendant 20 minutes consécutives. Le saignement devrait arrêter par lui-même. Surtout, ne regardez pas continuellement si le saignement est arrêté en enlevant la gaze ou la poche de thé, car vous devrez recommencer à mordre dedans ou appliquer une pression pendant une autre période de 20 minutes.

Il est recommandé de mettre une serviette sur votre oreiller lorsque vous dormez afin d’éviter de tacher l’oreiller avec la petite quantité de sang qui pourrait suinter de votre bouche.

En cas de doute ou de saignements abondants, il est toujours recommandé de contacter votre chirurgien.

Enflure

Il est normal de voir apparaître une certaine enflure (œdème) au visage après la chirurgie. Pendant les 48 premières heures post-opératoires, couchez-vous la tête surélevée par rapport au reste du corps et appliquez de la glace, avec des glaçons dans un sac de plastique, un « ice pack » ou encore un sac de petits pois congelés, sur votre visage à raison de 15 minutes à la fois suivies d’une période sans glace de 15 minutes. Ces trucs n’empêcheront pas l’enflure d’apparaître, mais elle peut être moins importante. Le pic d’enflure arrive habituellement entre deux et trois jours après la chirurgie et elle diminue progressivement pour disparaître après 7 à 10 jours.

Après 48 heures, la glace ne fera pas diminuer l’enflure. Vous pouvez alors appliquer de la chaleur humide, soit à l’aide d’une serviette ou d’une débarbouillette mouillée d’eau chaude ou encore d’une bouillotte remplie d’eau chaude, directement sur votre visage à l’endroit où l’œdème est présent.

Douleur et inflammation

La douleur post-opératoire peut être contrôlée par la prise d’analgésiques en vente libre comme l’acétaminophène ou l’ibuprofène ou encore par des médicaments prescrits par le chirurgien. Il est recommandé de prendre une première dose de médicament contre la douleur avant que celle-ci n’apparaisse afin de maximiser votre confort lorsque l’effet de l’anesthésie locale s’estompera quelques heures après la chirurgie.

Une inflammation et une irritation de la gencive sont presqu’inévitables après une intervention aux gencives.

Temps de guérison

Le temps de guérison après une intervention chirurgicale aux gencives varie d’un patient à un autre, dépendamment de sa santé générale, de l’étendue de la greffe gingivale ou le nombre de dents touchées par la gingivectomie ou la gingivoplastie, la façon dont le patient réagit à l’intervention et sa volonté de suivre les instructions post-opératoires de son chirurgien.

N’oubliez pas que le repos est essentiel à la guérison. Durant les trois premiers jours après votre chirurgie, surtout dans le cas de greffe gingivale, planifiez des activités légères, telles que lire ou regarder la télévision que vous pourrez arrêter facilement lorsque vous vous sentirez fatigués. Il faudra également diminuer vos activités physiques. Votre chirurgien pourra vous indiquer quand vous pourrez recommencer votre routine habituelle.

Diète et hygiène buccodentaire

Une diète molle est recommandée pendant quelques jours après l’intervention chirurgicale afin de permettre aux plaies de guérir correctement. Dans le cas d’une greffe de gencive, la diète molle permet au greffon de s’intégrer à la gencive existante et elle permet au palais de guérir sans stress causé par des aliments plus durs. Effectivement, mordre dans des aliments durs pourrait affecter la gencive et le palais, ce qui pourrait compromettre le succès de l’intervention.

Une diète normale peut habituellement être introduite de 7 à 10 jours après la chirurgie selon les recommandations du chirurgien; dans certains cas, le chirurgien peut recommander de prolonger la période de diète molle, mais cette prolongation est plutôt rare.

Il est important de garder une excellente hygiène buccodentaire durant la guérison des plaies. Garder la bouche propre réduira les risques de développer une infection durant la guérison. Vous devrez par contre faire attention autour des plaies et adapter votre brossage de dents afin de ne pas les perturber inutilement.

Risques / Complications

Toute intervention chirurgicale comporte des risques et des complications, malgré les compétences du chirurgien et les précautions prises avant et pendant l’intervention. Les complications suivant une intervention aux gencives ne sont pas inévitables, mais elles sont plutôt rares ou bénignes. Le taux de succès des chirurgies aux gencives est très élevé.

  • Infection post-opératoire. Dans ce cas, la prise d’antibiotiques, tel que prescrit par votre chirurgien, est nécessaire pour enrayer l’infection et éviter une récidive. Une rougeur accompagnée de pus qui coule des plaies, une douleur sévère et incontrôlable par des analgésiques, ainsi que de la fièvre sont des signes d’infection. Vous devriez alors consulter votre chirurgien afin de faire évaluer votre condition et prendre action en conséquence. Il est toutefois très rare que la solution à une infection soit le retrait du greffon dans le cas d’une greffe gingivale.
  • Perte prématurée des points de suture. Cette complication n’occasionne habituellement aucun problème si le site chirurgical est gardé propre et que vous portez une attention particulière à ne pas le déranger durant sa guérison. En cas de doute, vous pouvez contacter votre chirurgien pour connaître les précautions à prendre.
  • Rejet du greffon. Dans certains cas, il peut arriver que le greffon, s’il est fourni par un donneur externe, se fasse rejeter par votre corps. Cette complication n’est pas commune, mais votre chirurgien pourra vous proposer une alternative au traitement si le greffon est rejeté.

 

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